Après une première année réussie, Simon retrouve cette saison, Karim son ancien coéquipier de Team France à TVCC. Ensemble, ils vivent une expérience unique, entre exigence sportive et immersion culturelle. Nous les avons rencontrés pour en savoir plus sur leur parcours au sein de l’un des meilleurs programmes de cheerleading des États-Unis.
FFFA : Karim, comment s’est passée ton arrivée aux États-Unis ?
Karim Turpin : Cela n’a pas été évident au début, il a fallu s’adapter à une nouvelle mentalité et un rythme de vie différent. Simon a été là pour me guider les premières semaines. Je restais souvent avec lui, mais progressivement je me suis fait mes propres amis et me suis intégré au sein du collectif.
FFFA : Simon, qu’est-ce que cela change d’avoir un autre Français avec toi cette année ?
Simon Dalaison : Franchement, ça fait plaisir ! L’an dernier, j’étais seul et j’ai tout dû découvrir par moi-même. Karim et moi sommes amis avant TVCC ; il y a donc un soutien mutuel surtout dans les moments difficiles. C’est aussi une expérience différente : l’an dernier, j’étais le “rookie” qui apprenait, cette fois-ci en tant que deuxième année, je suis plutôt dans une posture de transmission.
FFFA : Comment se passent les entraînements à TVCC ?
S.D : C’est très intense ! On s’entraîne tous les jours, parfois deux fois par jour. Les coaches sont exigeants, il n’y a pas de place pour la demi-mesure. Ici, ils te poussent à bout, et il faut avoir le mental pour tenir. Mais c’est aussi ça qui fait de TVCC ce qu’elle est.
FFFA : Karim, quelles différences vois-tu avec ce que tu connaissais en France ?
K.T : C’est le jour et la nuit ! En France, la plupart des stunts sont du « double base » ou du « groupe stunt », ici c’est seulement du « partner stunt ». Mais ce qui m’a le plus marqué, c’est la mentalité des coaches ; si tu ne fais pas l’affaire, ils te le font savoir sans prendre de pincettes. Au début, c’est dur, mais on comprend vite pourquoi les athlètes du programme deviennent aussi performants.

FFFA : Où en êtes-vous dans la saison ? savez-vous qui est remplaçant ou titulaire ?
S.D : Nous ne sommes malheureusement ni l’un ni l’autre sur le mat mais toujours dans les « starting blocs » pour rentrer dans la routine. Les places sont chères à ce niveau…
FFFA : Comment vivez-vous cette situation ?
S.D : Cela a été difficile à encaisser au départ, parce qu’on donne tout et on espère toujours avoir une place sur le mat. Mais ici, être remplaçant ne veut pas dire rester sur le côté. On a notre propre routine, on s’entraîne autant que les titulaires, et on doit être prêts à intervenir à tout moment en cas de blessure ou de besoin.
K.T : Les premiers jours, c’était compliqué, ce qui m’a aidé c’est d’en parler avec les coaches. Même sans être titulaire on ne se contente pas de regarder. On répète les mêmes figures, on suit le même rythme. Parfois, on a même des sessions d’entraînement plus longues pour apprendre à être interchangeables en cas de besoin. Ça forge mentalement, parce qu’il faut accepter son rôle et rester motivé.
FFFA : Qu’est-ce qui décide si vous passez titulaires ou non ?
S.D : Honnêtement, il y a une grande part de politique. Ce n’est pas seulement une question de niveau. Certains sont préférés parce qu’ils ont plus d’ancienneté, ou parce qu’ils s’entendent mieux avec les flyers sélectionnées. Mais ça fait partie du jeu, et on apprend à l’accepter.
K.T : Oui, c’est frustrant parfois, mais ça nous oblige à bosser encore plus dur. Et puis, être remplaçant ici, c’est toujours un niveau d’excellence. Dans la majorité des équipes nos remplaçants seraient titulaires. On est vraiment entourés des meilleurs.
FFFA : Allez-vous quand même à Daytona ? les remplaçants sont comptés dans les effectifs ?
S.D : Ils ont enfin changé les règles, c’est plus strict sur le point de vue académique, s’ils considèrent que tes notes ne sont pas suffisantes tu ne vas pas à Daytona. C’est le coach historique Franklin qui décide mais pas d’inquiétudes pour nos notes, nous serons à Daytona !

FFFA : En dehors du cheerleading, comment se passent vos études à TVCC ?
S.D : Ici, le système est différent. J’ai choisi d’étudier la psychologie, et j’ai déjà validé tous mes cours principaux en trois semestres. Ce dernier semestre, il ne me reste plus que des cours généraux comme l’histoire et la physique. Ça change un peu du cheer, mais c’est intéressant de voir une autre approche de l’enseignement.
K.T : Moi, j’ai choisi criminalité/justice ce qui fait le lien avec mon parcours en France. C’est un domaine qui me passionne et qui correspond à mon projet de carrière. Les cours sont assez flexibles, mais il faut quand même bien s’organiser avec les entraînements.
FFFA : Et le niveau académique ?
S.D : Franchement, ce n’est pas comparable à la France. Le niveau institutionnel est plus bas et on arrive avec un plus gros bagage technique que ceux qui sortent du lycée.
K.T : Oui, le gros avantage, c’est qu’on n’a pas énormément d’heures de cours par semaine. Ça nous laisse du temps pour nous entraîner et récupérer. Moi, j’ai en moyenne deux cours par jour, donc ça reste très faisable.
FFFA : Est-ce que cette expérience a changé quelque chose pour vous ?
S.D : Oui, clairement. J’ai beaucoup appris, que ce soit sur le plan sportif ou humain. Ici, tout va plus vite, il faut être adaptable. J’ai gagné en confiance et en autonomie face au modèle américain.
K.T : De même, j’ai dû apprendre à sortir de ma zone de confort surtout au niveau linguistique. Ma maitrise de la langue est beaucoup plus fluide et naturelle.
FFFA : Pourquoi ne pas faire une année supplémentaire à TVCC ?
K.T : Pour moi, le projet est vraiment incroyable mais c’était clair dès le début : une année et retour en France. J’ai énormément appris ici, mais déjà un projet professionnel précis.
FFFA : Quels sont vos projets pour la suite ?
S.D : Avec Karim, on a beaucoup discuté de la suite, notamment de Team France. C’est un objectif qui nous tient à cœur, on aimerait apporter notre pierre à l’édifice notamment avec notre expérience acquise aux États-Unis. Ce serait une belle continuité après cette aventure. Rendez-vous aux tryouts.
K.T : Oui, c’est notre but ! Team France 2025/26 on la veut notre médaille !

FFFA : Quels conseils donneriez-vous aux futurs athlètes français qui veulent tenter l’expérience aux États-Unis ?
S.D : Avant de se lancer il vaut mieux se poser la question deux fois, je pense aussi qu’avoir un peu d’expérience de vie est une bonne chose. Partir aux États-Unis pour le cheer, c’est mettre toute sa vie en pause : amis, famille, études…. Ici, on n’est pas en terrain conquis, il faut faire ses preuves et donner encore plus que ce qu’on imagine.
K.T: On reçoit beaucoup de messages du genre “C’est incroyable, tu dois kiffer !”, en réalité oui on profite, mais ça demande beaucoup de travail, d’engagement et de sacrifices. Ce n’est pas aussi simple que l’on l’imagine. Pour nous, qui avons autour de 25 ans, c’est déjà un vrai challenge.
S.D : Il faut avoir du soutien et un mental solide. L’aspect psychologique est primordial pour tenir le coup car on traverse forcément des moments compliqués.
L’expérience de Karim et Simon montre à quel point le cheerleading aux États-Unis est exigeant et formateur. Ces athlètes français, partis chercher l’excellence outre-Atlantique, comptent bien mettre à profit cette aventure pour enrichir le niveau du cheerleading français. Nous leurs souhaitons de profiter au mieux de ces dernière semaines d’immersion à TVCC.