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FFFA HALL OF FAME


La fédération française de Football américain passe en 2018 le cap des 35 années d'existence, c’est l’âge idéal pour jeter un coup d’œil en arrière et se souvenir des débuts. Le souvenir d’où nous venons afin de regarder où nous allons. De légendes urbaines en anecdotes de vie, la FFFA, ce sont des dizaines de milliers de licenciés, tous joueurs, entraineurs, arbitres ou dirigeants qui ont construits de leur histoire celle du football américain en France. Alors que nous allons fêter, en 2019, le 25e casque de Diamant nous souhaitons, mettre en avant, ces femmes et hommes qui, depuis 1983* ont fait vibrer les touchdowns, les firsts down, les kickoffs et les encouragements sur les terrains français et internationaux.

Lors des festivités du 29 Juin 2019 nous sommes fiers d’inaugurer notre « FFFA Hall Of Fame » présenté par SPIRAL FOOTBALL !

* Le football américain se pratique depuis 1980 et la FFFA est officiellement reconnue en 1983

Chaque semaine d'içi le 29 Juin nous vous faisons découvrir quelques parcours de ces bâtisseurs . Les heureux élus (5) de la promotion 2018-2019 seront présentés lors du 25ième Casque de Diamant.




Promotion 2019


Portrait : Olivier Sakouvogui #Pionniers


Football américain, une passion : le portrait captivant d’Olivier Sakouvogui

Olivier Sakouvogui, 52 ans, est actuellement CTRF à la ligue CVL. Il nous raconte son incroyable expérience dans le football américain. Pendant plusieurs années, Olivier s’essaie à plusieurs sports avant de trouver sa voie. En 1987, il découvre cette discipline et s’inscrit très vite dans son premier club qu’il créé avec ses futurs coéquipiers ; les Pionniers de Touraine.



Olivier Sakouvogui, Equipe de France.


Comment tout a commencé…

Football américain, une passion……

Après avoir passé quatorze années de ma vie à m’essayer dans différents sports collectifs (soccer, basketball, rugby, handball, volleyball) et individuels (sailing, tennis, judo, karaté) sans aucune réelle envie, j’ai continué à chercher le sport qui me correspondait le mieux. Après un voyage aux USA, j’ai eu l’occasion de voir un match de football américain, je n’ai pas tout compris au départ, mais ma famille d’accueil a pris le temps de m’expliquer les rudiments de ce sport et j’ai commencé à m’y intéresser. Le fait de voir des joueurs équipés de casques et d’épaulières, se rentrant dedans pour permettre à leur coéquipier d’avancer avec le ballon m’a tout de suite accroché. Mais les vacances se terminant, je suis reparti direction la France…

De retour ici, j’avais encore en mémoire ces affrontements, ce bruit des contacts et ces plaquages tonitruants de ces joueurs de foot, mais hélas pas la possibilité de voir d’autres matchs…

Trois années se sont écoulées. En mai 1987, au coin d’une rue, une personne m’accoste et me tend un flyer. Celui-ci présentait la création d’un club de football américain (en France, si nous voulons faire un sport, nous devons nous inscrire dans un club sportif). Ma curiosité m’a poussé à aller voir de plus près ce qui allait se passer. Ce jour-là, 45 jeunes hommes âgés de 20 à 30 ans sont venus au rendez-vous. On nous a présenté ce nouveau sport qui arrivait sur notre vieux continent et nous nous sommes tous donnés rendez-vous deux jours plus tard pour faire divers tests physiques pour voir nos aptitudes …

Lors de cette rencontre, nous avons tous fini par signer et par là même créer ce club de foot us ; ainsi naquit le premier club de ma région : Les Pionniers de Touraine.
Les six premiers mois furent difficiles : nous n’avions pas d’équipements, nous nous sommes donc entraînés sans. Nous avons travaillé notre vitesse, nos réactions, nos placements et au fur et à mesure les techniques de bloc, de passe, de catch, de plaquage. Ayant tous une base de sport collectif, l’équipe s’est formée et nous avons pu créer une bonne cohésion de groupe, malgré les différentes origines et convictions de chacun.

Le commencement d’une nouvelle ère

Au niveau du matériel, nous n’avions rien du tout si ce n’est des pneus ! Alors nous nous sommes adaptés. En guise de sled, nous poussions les voitures, nous utilisions les pneus pour faire un gauntlet, ou pour travailler l’agilité. Les phases de jeux étaient live et un jour, un pasteur américain nous a remarqué. Il est venu à notre encontre et nous a proposé son aide… une étape de plus avait été franchie. Nous recevions les équipements et nous avions un coach américain (ancien tight end de LSU) accompagné d’autres pasteurs qui avaient joué en université. Nos premiers matchs étaient très laborieux : physiquement nous étions prêts, mais techniquement et tactiquement, nous étions encore loin de la perfection et de la compréhension. Il nous a fallu une année pour commencer à avoir des résultats concluants.

1988 : Le déclic est venu de la défense, première interception et premier touch down marqués ; ce fut le commencement d’une nouvelle ère. Après ce premier TD, nous avons commencé à scorer en offense, à pouvoir tenir le coup face à de grosses équipes et fini par gagner un tournoi organisé en Île de France, le tournoi de « l’Élan de Bronze »… Durant ce tournoi je jouais à la position d’offensive tackle et de defensive tackle, j’avais la chance de pouvoir jouer des deux côtés de la balle et de rester sur le terrain tout le temps… c’était pour moi une belle expérience, le trash talking des équipes adverses n’a pas eu d’effet négatif sur moi, mais dès que je passais en défense, j’avais le moyen de mettre les points sur les i en plaquant et sackant running et quarter-back, puis le trash talking s’arrêta aussi vite qu’il était venu…

Cette saison-là, nous avons commencé à progresser de façon rapide. Un LB des Houston Oilers, Darren Malborough, est venu nous rendre visite et nous a fait travailler le physique et les techniques de base, salle de musculation (pour la première fois) … De match en match, nous scorions, nous gagnions et nous nous sommes retrouvés en phase playoffs. L’envie de bien faire et de finir ce que l’on a commencé nous a emmené jusqu’en finale, où, encore plus galvanisés par la réussite et les victoires, nous caressions l’ultime marche de cette saison. Mais la première mi-temps était loin d’être exemplaire… Un discours du coach avec comme leitmotiv que « sa grand-mère ferait mieux que nous », nous a reboosté et donné la hargne et l’envie de finir ce match fort et dur : victoire 47 à 3…

Une nouvelle étape pour le club

Nouvelle étape pour le club et nouvelle division, nous voilà en D2 !

Je me consacre plus à la vie du club et je passe le diplôme d’initiateur de football us, j’encadre l’équipe Flag et l’équipe junior, tout en continuant en tant que joueur… Nouveau challenge, nous voulons atteindre le plus haut du foot en France, je me prépare pendant l’off-season, en allant à la muscu, et on se rencontre avec d’autres joueurs pour se lancer la balle… Deux saisons dans cette division. La première nous tombons au premier tour des playoffs, une saison rude mais agréable au challenge toujours présent et je me donne à fond pour faire tomber ces étapes. Mon jeu offensif se développe, je joue mon rôle, je joue sur toute la ligne, en attaque comme en défense… En défense j’ai tendance en tant que nose ou tackle à ne pas agresser la LOS quand c’est une passe, mais je ne reste pas inactif : je drop dans une zone et suis mon instinct ; 65% du temps je suis sur le jeu. Sur les courses de débordement, je ne lâche rien, je poursuis et plaque les porteurs, en pass pro une fois la balle lancée, je cours bloquer dans le back field pour que nous puissions gagner plus de yards…

Une énorme opportunité

En 1991, je suis appelé en équipe nationale en tant qu’ offensif lineman, et j’ai le plaisir de me confronter à ce qu’il y a de meilleur en France, un moyen pour moi de progresser encore plus vite et de m’imposer à mon poste.
Premier match international contre l’équipe de l’URSS, des gros gabarits physiques mais avec moins de technique que nous. Je tiens à mon poste, je drive je bloque, je protège… Ce match était un match de préparation, un match pour voir comment les rookies de la national team se débrouillent. Je gagne ma place dans l’équipe A et je fais partie du groupe pour le championnat européen de 1991… Je me bats pour gagner ma place et je finis par être starter dans cette équipe en tant que left tackle, direction la Finlande pour disputer les phases finales. Mon premier match de l’euro, match terrible, des joueurs finlandais plus expérimentés que nous avec des joueurs qui ont joué en NFL ou qui ont effectué des trainings camps… grosse défaite et insatisfaction de ma prestation ; manque de vitesse d’exécution par rapport à l’adversaire…
Deuxième match contre l’Angleterre, j’ai mieux joué, j’ai réussi à respecter mes assignations et à monter mon niveau de jeu, mais le match se termine sur une autre défaite… Troisième match, nous rencontrons la Hollande pour la troisième place, l’équipe est à notre portée, mais nous échouons une fois de plus. Malgré ces défaites, nous avons soudé le groupe et cherchions tous encore à acquérir un autre level

Dans la continuité, nous avons formé une équipe européenne d’ arena football, en sélectionnant les meilleurs joueurs d’Europe (Angleterre, Italie, Allemagne, Pays-Bas, Finlande, France), je fus une fois de plus sélectionné et j’ai une fois de plus gagné ma place de starter en tant qu’O-line… cette expérience fut grandiose.

Des coachs de NFL (NY Jets) et de NCAA (USC) nous ont pris en main, et en une semaine ont essayé de former une team homogène et efficace. Le fait de me mesurer aux autres européens (dont certains jouaient en WAFL ancienne NFL Europe) m’a une fois de plus permis de voir mon niveau et de le faire évoluer. La motivation était grande car à la fin de la semaine, nous rencontrions une équipe Arena américaine. J’étais en France parmi les grands gabarits, mais une fois en face des américains j’étais « normal » average… Quand le jeu a commencé, nous avons été submergés de toutes parts : une vitesse de réaction des joueurs américains qui nous a tous surpris, c’est à ce moment que l’on voit la différence qu’il y avait entre l’Europe et les USA.

1995 : Départ pour Le Mans (les Caïmans)

L’envie de jouer et me mesurer à l’élite m’appelle, une fois sur place je joue O-line et D-line. Première saison en dent de scie pour l’équipe, difficulté de tenir le haut du pavé, un groupe très motivé mais avec un manque de niveau.

Il est toujours difficile de porter à bout de bras tout le monde, même si à six nous avons tenté de le faire.
Saison suivante en demi-teinte aussi, l’occasion pour moi de rejoindre une autre équipe française (les Castors) pour participer au championnat européen.
Nous voilà partis pour Hanaü (ville d’Allemagne) pour rencontrer les Hawks. Grosse découverte pour ma part une fois de plus : un jeu germanique très technique, ce qui est en contradiction avec le jeu français. Un match difficile qui se termine par une défaite, mais une belle rencontre.
À la fin du match, un coach américain est venu me voir pour me proposer un contrat pour jouer en GFL (German Football League). Mars 1997, je fais mes bagages et je débarque sur les terres germaniques pour vivre un nouvel opus.

Mon arrivée au Landsberg Express

Landsberg Express, une nouvelle famille d’accueil une nouvelle langue, une nouvelle équipe. La première prise de contact ne m’a pas trop dépaysé par rapport à la France. L’équipe ressemblait à une équipe de chez moi : des jeunes, des moins jeunes et des joueurs américains ; prête à jouer au football. Premier contact, premier match, j’ai réussi à m’adapter et apporter un soutien à cette équipe. Le niveau était un peu plus élevé que le niveau français mais pas plus…

Deuxième saison avec Les Express, je rencontre des nouveaux joueurs américains et des nouveaux coachs dont une personne que j’aurai l’occasion de retrouver en France quelques années plus tard. Pendant l’inter-saison j’ai eu l’opportunité de partir aux states et de jouer dans une IFL dans le Tennessee.
La première rencontre m’a fait comprendre que j’avais beaucoup à apprendre et à prouver. En effet au moment de mon entretien avec le head coach, la question posée fut la suivante : “Quel est ton CV ?”
J’énumère mes différentes expériences : championnat français, équipe de France, équipe d’arena, championnat allemand… Tout ça pour m’entendre dire… : “Oui enfin tu n’as pas joué à l’université donc nous allons voir ce que tu vaux…”.
Piqué au vif car mon parcours me semblait intéressant, je me suis donné à 100% au practice et j’ai étonné mon coach qui m’a laissé la possibilité de jouer le match qui allait commencer en fin de semaine. J’étais en super forme et j’avais un avantage sur les autres o-line : j’avais de la vitesse…
Je fus starter en tant que tackle, mais dès la première action je fus débordé par le DE qui alla créer un fumble sur le QB ! J’ai eu le réflexe de suivre l’action, de récupérer le ballon et de courir 9 yds… Le head coach était furieux et me demanda de faire mon job et de bloquer le DE… J’ai fini par me régler et parvenir tant bien que mal à stopper le DE… La semaine suivante j’ai joué en tant que guard et j’ai pu jouer vraiment à un très bon niveau avec mes coéquipiers. Hélas nous avons perdu en ¼ de finale face à une équipe de Géorgie.

Une nouvelle équipe : les Düsseldorf Panthers

De retour en Allemagne, j’étais reboosté et monté en level… La deuxième saison débuta, j’ai joué uniquement O-line et j’ai pu donner mon maximum à l’équipe en ne jouant que sur l’escouade offensive. Saison qui se termina en play-offs face aux Düsseldorf Panthers…
À la fin du match, les coachs des Panthers viennent me voir et me proposent de jouer pour eux la saison suivante… après quelques temps de réflexion, je quitte la Bavière pour me retrouver en Westphalie à Düsseldorf, et me voilà dans une nouvelle équipe…
Les entraînements se font sur le terrain de practices de l’équipe NFL Europe des Reihm Fire, nous avons des coachs qui viennent de NFLE ainsi que quelques joueurs … Encore une manière pour moi de gagner ma place et de progresser.
Je retrouve un compatriote dans cette équipe, un joueur qui a eu l’opportunité de jouer en NFLE et de gagner sa place aux Dragons de Barcelona…. La saison fut belle nous avons joué notre meilleur football, mais nous avons chuté en ½ final face aux Crocodiles de Cologne, et ce fut pour moi le moment d’arrêter le football en dehors de mon pays.

Retour en France

2000 : De retour en France, je contacte le Flash de La Courneuve, j’intègre l’équipe et gagne ma place en tant qu’Offensive Tackle. Première saison, je ne joue que les matchs de l’Eurobowl, le niveau français a progressé et je me trouve bien dans cette équipe. Pendant 6 années, nous restons au top de la french ligue, en tant que finaliste ou champion de France ou encore finaliste de l’Eurobowl… Je décide de faire un break et de laisser ma place aux jeunes ; à 42 ans il est bon de passer à autre chose tout en gardant un pied dans le monde du football. Je me suis mis coaching avec les sections U14, U16, U19, la section féminine, les seniors.…

Ce que je peux dire du football :

C’est un sport qui m’a apporté beaucoup de chose. Un savoir vivre, une certaine sérénité, une confiance en soi, de la volonté, un esprit d’équipe très très fort et une envie de partage.